Eglise Saint Martin
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L'église Notre-Dame en 1860 et de nos jours (promenez votre souris sur l'image)

Les historiens de Doullens sont unanimes pour reconnaître que l'église Saint-Martin a un lien avec l'histoire des Templiers.

Tout porte à croire, écrit Warmé, que leur cloître se trouvait non seulement sur l'auberge actuelle des Bons-Enfants, mais encore sur des maisons voisines tenant à la rue des Boucheries et à celle du marché aux grains. Warmé pense que la chapelle des Templiers se trouve au centre de l'église Saint-Martin.

Le premier document qui nous parle de cette église est une charte de 1138, signée Guarin de Chatillon Saint-Pol, évêque d'Amiens.

D'après le père Daire, sa construction aurait été achevée en 1211, l'année ou le comte Guillaume de Ponthieu y reçut le roi Philippe Auguste.

De l'église primitive, il ne reste que peu de choses. L'incendie de 1522 détruit les combles et calcine les pierres de la nef. Restaurée en 1578 et 1585, l'église Saint-Martin supporte de nouveaux désastres, lors du siège de Doullens par les espagnols en 1595. La voûte de la nef s'écroule, les murs sont percés et mutilés par le canon. Il faut remanier profondément l'édifice.

La nef comprend cinq travées avec des piliers cylindriques en grès, remarquables par leur délicatesse. Entre les arcs ogives qu'ils supportent, on voit des consoles soutenant les statuettes des Saints en honneur dans le pays : Saint-Christophe, St Jean-Baptiste, St-Eloi, St-Roch, et St-Sébastien.

Le choeur revêtu de boiseries, avec feuillages et cornes d'abondance, date de 1805 et la voûte sur quatre branches d'ogive se termine par un mur droit. Un grand tableau signé Ernest Cracco, représente le couronnement de la Sainte-Vierge et surmonte le maître-autel depuis 1830.

Dans une petite chapelle dédiée à Saint-Nicolas, se trouve un admirable groupe de pierres, représentant le Christ mis au tombeau : c'est assurément un des plus beaux sépulcre de Picardie, classé Monument historique depuis le 4 juin 1866. Sept personnages, presque aussi grands que nature s'empressent autour du Christ étendu sur un linceul, parmi lesquels on reconnaît la Vierge, Saint-Jean, Joseph d'Arimathie, Ste-Marie-Madeleine, St-Benoît, St-Jérôme, St-Augustin et St-Marc.

Le soubassement offre trois bas-reliefs qui décèlent l'influence de la Renaissance, qui représentent trois épisodes de l'Évangile qui suivent la Passion : la rencontre de Madeleine et du Christ, les pèlerins d'Emmaüs et l'incrédulité de St-Thomas. Une inscription gothique mentionne le nom des donateurs, Jean Boulier et Nicolas Roussel en 1585.

La façade actuelle reconstruite en 1884, dans un style pseudo gothique, a conservé les contreforts à éperons de l'ancienne église, mais a complètement changé les perspectives arrondies de l'édifice pour donner à la partie haute une architecture du XIXe siècle, avec un fronton triangulaire en pierre, et une rosace circulaire qui a remplacé un oeil de boeuf muré.

Le portail est garni de huit statues, dues au ciseau du sculpteur Albert Roze, en 1904.

En 1832, on reconstruit le clocher de l'église, détruit par le feu 7 ou 8 ans auparavant. Ce clocher grêle et chétif, qui s'élève à la croisée du transept, ne respecte pas les proportions du monument.

 Un bas relief orne l'un des contreforts du bas côté nord. La pluie a tellement rongé la sculpture, que la scène représentée se distingue avec peine. On croit pourtant reconnaître la rencontre du Christ avec la femme adultère.

Près de ce bas relief, une inscription gravée sur cinq grès a suscité beaucoup de commentaires.

Delgove pense, que même si ces pierres sont posées au hasard, sans ordre, il faut retenir la date de 1585 et la faire coïncider avec celle du sépulcre, qui porte également le même nom : Jehan Boulliet.

Une version différente nous est donnée par un article de "l'Authie" signé Henri Demacon en octobre 1955. La lecture du millésime 1585 est mise en doute, Dusevel lit 1583. Demacon pense à 1383, "Persister à lire 1585, serait admettre que le soubassement de cette église a été posé au plus tôt cette année là, alors que dans cette église aucune influence de la Renaissance ne se manifeste.

Le plus simple est d'admettre que ces pierres font partie d'un autre monument, peut-être seulement commencé, et qu'elles ont été utilisées comme matériau par les constructeurs de l'église Saint-Martin. D'où le désordre de leur emploi, invraisemblable, si elles avaient été faites pour le monument lui même. Demacon formule l'hypothèse que ces grès sculptés auraient pu être préparés pour les travaux d'aménagement du manoir de Beauval. Acquis en 1360, par les bourgeois de Doullens, cette acquisition avait été approuvée par le Roi Jean II en 1363. Vingt ans après l'incorporation de Doullens au domaine Royal en 1836, le roi Charles VI réclame la possession de la tour de Beauval et avant la crise qui en découle, les travaux d'amélioration de la tour de Beauval sont arrêtés.

Les matériaux abandonnés auraient été repris pour la construction de l'église au XVe siècle. Le "Jehan Boulliet" du sépulcre et celui mentionné sur l'inscription seraient deux personnages différents, l'orthographe à une lettre près, n'est d'ailleurs pas la même.

Toutefois, si ces explications ne sont que des hypothèses, les trouvailles de Demacon respectent une certaine logique.

Un orgue de 23 jeux construit en 1953, par la maison Roethinger de Strasbourg, remplace à la tribune l'orgue du milieu du XVIIIe siècle, détruit lors du bombardement du 5 juillet 44.

14 Stations du chemin de croix, oeuvres du père Claude Gruer de Solesme, sont scellées en 1954 sur les piliers de l'église, tandis qu'en 1957, on édifie dans le bas côté gauche un baptistère, du sculpteur Lamotte et du ferronnier d'art : Paul Descure de Doullens.

Les fenêtres flamboyantes, dont la restauration date de 1951, sont garnies de 10 verrières modernes, oeuvre de Le Chevalier, peintre verrier à Fontenay-aux-roses. Les vitraux d'origine retraçaient la légende de Saint-Martin, et avaient été l'oeuvre d'un doullennais Martin Cammon, avant de faire place au XIXe siècle à des vitraux ordinaires détruits en 1944.

L'église Saint-Martin a été trop remaniée au fil des ans et il est difficile de situer ses différentes époques de façon précise.

C'est après la révolution en 1792, que Doullens n'a plus qu'une seule église pour l'exercice du culte. L'église Saint-Martin devient alors l'église paroissiale.

C'est à l'époque de la réouverture des églises, faisant suite au concordat de l'an VIII, que la Sainte-Vierge première patronne de Doullens, reprend ses privilèges. Voilà pourquoi l'église Saint-Martin s'appelle, l'église Nore-Dame.

La Ville